
Cette question, aux connotations quelques peu philosophique, voir aux effluves d’ anti-spécisme est fondamentale.
Avons-nous le droit de faire travailler les animaux ?
Avons-nous le droit de les faire « collaborer » avec nous ?
Je ne suis pas scientifique, mais née de la terre et observe nos compagnons depuis des décennies. Je teste également, change, regarde, écoute.
J’ai appris et pu voir que dans la nature les animaux ont des jobs à temps complet.
Ils ne se contentent pas de se nourrir, de dormir, de boire, de fuir ou d’attaquer selon les espèces.
De loin s’en faut.
Chaque individu est responsable, au sein de son groupe, d’une forme de dicastère : celui de l’eau, celui des abris, celui des plantes médicinales, celui de la sécurité et de quantités d’autres.
Au fil de la journée et de ses péripéties, les événements poussent tel animal ou tel autre à prendre le lad sur le reste du groupe.
Une valse s’instaure.
Une danse ou le temps est dicté à chaque fois par l’individu le mieux qualifié.
Ça c’est dans le monde de la nature.
Auprès de l’humain, l’animal est contraint de vivre dans des espaces restreints (même la majorité des pâturages n’est qu’un ersatz de territoire naturel) et se voit imposé ses compagnons, sa nourriture, son abri, ses parcours, l’eau bue.
Son libre arbitre est anilide en partie voir totalement.
Il s’étiole, il devient un peu autiste, refermé sur une intériorité qu’il ne laisse pas transpirer pour diverses raisons (nous y reviendrons dans un autre article).
Dès lors, dans notre société où les clôtures sont certes castratrices de liberté, mais aussi garantes de sécurité (je ne souhaite pas voir mes chèvres, mes yaks ou mes mulets divaguer sur une route au milieu de camions de 40 tonnes), il est de notre devoir, tout du moins c’est ainsi que je le pense, d’accompagner nos animaux à pouvoir se réaliser autrement.
Les connaître non pas seulement dans la spécificité de l’espèce, mais bel et bien dans les caractéristiques propres à chaque individu pour proposer des activités mettant en avant, en valeur, les qualités individuelles de chacun.
Un yak qui est garant de la sécurité du troupeau ne se comportera pas de la même façon qui celui qui gère la ressource « eau » et ne sera donc pas le compagnon de balade du même profil de personne humaine.
Une chèvre qui est responsable de la cohésion du groupe, qui a un rôle de pacificatrice aura besoin d’un autre accompagnement, d’une autre compréhension de la part de son chevrier.
Un mulet qui craint d’être à l’arrière de la troupe par manque de sécurité se verra proposer une autre approche pour se sentir à l’aise et sa position dans le groupe ne pourra être négociée que sous certaines conditions.
Dès lors, pour en revenir à la question de départ, oui, les animaux ont besoin, pour leur équilibre émotionnel et donc physique, d’avoir une activité enrichissante les mettant en valeur, respectant leur point fort et leur point faible.
Nos animaux attendent avec joie et impatience le moment de partir sur les sentiers, car ils savent que leurs attentes, leur besoin seront respectées au sein du
groupe et de son propre respect, pour préserver l’équilibre de ce qui fait le vivant.